Puceron du cotonnier

Le puceron Aphis gossypii est largement répandu à travers le monde. Ce puceron est un ravageur majeur des plantes de la famille des cucurbitacées en raison de sa faculté à transmettre des virus. En Guyane, A. gossypii est également rencontré sur tomates, aubergines, citrus, papayers, gombo (calou) et dachines.

Description et cycle du ravageur :

  • Dans les climats chauds comme en Guyane, les pucerons Aphis gossypii se multiplient par parthénogénèse : la reproduction a lieu sans fécondation.
  • Les œufs sont directement produits par la femelle adulte. La température optimale de reproduction est de 20 – 25 °C : la femelle produit alors en moyenne 2,8 larves par jour. Le puceron atteint sa maturité au bout de 5 jours.
  • La couleur des pucerons A. gossypii peut varier du jaune au vert sombre. La femelle, longue de 2 mm possède 2 cornicules noires, les antennes sont plus courtes que le corps. L’extrémité des pattes est brune.
Puceron-Concombre
Aphis gossypii adulte. On distingue bien les deux cornicules noires à l’extrémité de l’abdomen
  • Les pucerons sont généralement situés à la face inférieure des feuilles de cucurbitacées souvent en association avec des fourmis qui les protègent et qui en contrepartie tirent du miellat des pucerons une source d’alimentation.

Dégâts :

Les pucerons produisent du miellat provoquant l’apparition de fumagine sur le feuillage des plantes infestées. Ces champignons lorsqu’ils sont en abondance, peuvent limiter la photosynthèse et entrainer une diminution du rendement. La fumagine si elle se développe sur les fruits peut entrainer une dépréciation de la production mais un simple lavage permet de la retirer.
Aphis gossypii est également connu pour être un excellent vecteur de virus chez les cucurbitacées. En Guyane, il est capable de transmettre sur cucurbitacées les virus suivants :

  • Zucchini yellow mosaic virus (ZYMV), Virus de la mosaïque jaune de la courgette
  • Papaya ringspot virus (PRSV), Virus des taches en anneaux du papayer
  • Cucumber mosaic virus (CMV), Virus de la mosaïque du concombre.

Les attaques précoces de ces virus peuvent entraîner la perte totale de la production.

Méthodes de lute :

  • Plusieurs auxiliaires ont une action sur le puceron Aphis gossypii. Il y a les auxiliaires prédateurs qui consomment les pucerons : les larves de coccinelles, de syrphes et les chrysopes.

Coccinelles


Syrphes


Chrysope

  • Certains hyménoptères parasitoïdes, les Aphelinus spp. sont connus pour pondre leurs œufs dans les pucerons.
    La présence de ces auxiliaires peut être favorisée :
    –    Pour les Aphelinus, et les Syrphes adultes le nectar des fleurs est une importante source de nourriture qui pourra être apportée par la flore spontanée ainsi que l’implantions de bandes fleuries.
    –    Pour les coccinelles, l’implantation de sorgho peut favoriser leur présence car cette plante peut héberger le puceron des graminées (Rhopalosiphum maidis) dont se nourrissent les larves de coccinelles. Ce puceron spécifique des graminées constitue une source de nourriture pour les coccinelles et ne s’attaque pas à la culture principale.
  • Une bonne gestion de la fertilisation azotée en limitant les apports en excès limite la susceptibilité des plantes aux attaques de pucerons et autres ravageurs. L’utilisation de filets insect-proof pourrait également avoir une certaine efficacité pour limiter l’accès des pucerons à la culture.
  • Des insecticides sont homologués contre les pucerons sur concombre cependant, de nombreux phénomènes de résistance sont à déplorer et ces produits, à large spectre, tuent également la faune auxiliaire. De plus, un traitement insecticide peut parfois s’accompagner de l’extension d’une maladie virale : conséquence d’une hyperactivité des pucerons vecteurs sur la parcelle traitée.

 

Liens utiles pour aller plus loin (bibliographie)

Aphis gossypii Glover, 1877 Le puceron du melon et du cotonnier (Ephytia, INRA)

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